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Protocole opératoire – réduction du temps de séjour des patients.

Un nouveau protocole opératoire promet une réduction du temps de séjour
et une meilleure récupération lors d’une pose de prothèse de hanche ou de genou.

Un patient mieux préparé fera un meilleur opéré

Je compare la préparation d’une opération à celle d’un skieur, explique Christophe Fleury, physiothérapeute à l’Hôpital de la Providence, à Neuchâtel. Pour gagner la descente du Lauberhorn, Beat Feuz a préparé sa course physiquement et moralement, encadré par son équipe. Une fois sur la piste, il connaît les virages à prendre, le plan, le parcours. Il en va de même aujourd’hui pour les patients. Avant, ils savaient seulement qu’ils allaient recevoir une prothèse et une opération, soit un traumatisme. Ils étaient sceptiques à l’idée de se lever le jour de leur réveil.» La chose est aujourd’hui possible grâce à un nouveau protocole opératoire mis en place à l’Hôpital de la Providence depuis octobre dernier. Care4Today – du nom donné par l’entreprise partenaire Johnson & Johnson – ou Programme de récupération optimisé, comme on l’appelle ici, vise à réduire le temps de séjour du patient tout en favorisant sa récupération grâce à un savant travail d’équipe.

Des solutions importées de Hollande

A l’origine du projet, un constat: celui des huit jours et demi de durée moyenne de séjour, tous patients confondus. Une durée supérieure à la moyenne suisse, constate Alexandre Omont, nouveau directeur de l’établissement. Accompagné d’orthopédistes et de membres de l’équipe médicale de l’Hôpital de la Providence et de la Clinique Ste-Anne à Fribourg, il s’est rendu à Amsterdam afin d’appréhender une nouvelle procédure visant à optimiser la récupération des patients. Aujourd’hui, leur séjour dure environ cinq jours, comme nous l’explique Marie Roy, infirmière coordinatrice du projet: «Le patient est opéré le jour de son entrée à l’hôpital. La réduction du temps de séjour nous permet d’optimiser sa préparation et sa récupération, et donc de réduire le risque d’infections inhérent au milieu hospitalier.

Informés avant l’intervention

Tout est coordonné en amont entre les différents corps de métiers et le patient. Celui-ci rencontre l’infirmière coordinatrice qui le suivra avant, pendant et après son opération. Elle est le fil rouge du programme. C’est elle qui se charge d’organiser, deux à trois fois par mois, les séances d’informations destinées aux patients et à leurs proches. Durant ces soirées elle présente, avec un physiothérapeute et un ergothérapeute, les objectifs et le déroulement de l’opération, la prise en charge de l’entrée à la sortie de l’hôpital et les étapes de rééducation. Pour Christophe Fleury, ces réunions permettent une prise de conscience: «Il y a quinze ans, le patient m’apparaissait très passif pendant la rééducation. Aujourd’hui, en intégrant le réseau des soignants, il devient un partenaire, au même titre que le chirurgien, l’ergothérapeute ou les infirmiers. Il est proactif, ce qui est très important en physio, où l’on fonctionne par objectifs.» Facultatives et sur inscription, ces réunions connaissent un succès grandissant: «Si la première séance a été annulée, faute de participants, nous en accueillons aujourd’hui 10 à 12 tous les quinze jours», note Marie Roy

Un temps réduit et une meilleure qualité des soins

Pour le Dr Vincent Villa, spécialiste en orthopédie et traumatologie, ce protocole agit aussi sur l’état d’esprit du patient, de son entourage et des équipes soignantes: «L’amélioration du degré d’informations diminue le stress et favorise donc l’adhésion du patient au traitement. En visualisant le parcours de l’intervention, les choses se font sans appréhension, car elles sont mieux préparées.» Des avantages psychologiques donc, mais aussi logistiques: «Placer le patient au centre de ce dispositif nous assure une meilleure coordination, une meilleure communication, et donc, une plus grande efficacité. L’opération est également moins invasive.» Un avis partagé par le Dr Ali Sarraj, anesthésiste: «Nous anesthésions l’innervation sensitive du genou ou de la hanche de façon à réduire considérablement la douleur et à permettre des mouvements et un lever le jour même de l’opération. Nous avons également abandonné la morphine au profit d’une molécule qui présente moins d’effets secondaires tels que les nausées, la constipation ou les vomissements. Le patient se sent ainsi rapidement en forme, prêt à commencer les séances de physiothérapie

Des échos très positifs

Opéré du genou en novembre dernier, Cyril (nom d’emprunt) a été ravi du temps de séjour qu’il juge court: «L’opération a eu lieu un lundi et je suis sorti en fin de semaine. J’ai constaté aussi une grande disponibilité du médecin qui est passé tous les jours pour savoir si j’avais des problèmes, des questions. Le chirurgien, une fois l’opération terminée, a directement et personnellement appelé mon épouse, ce que je trouve magnifique!» Pour se préparer, Cyril a reçu un fascicule comportant des explications anatomiques, la présentation de l’intervention, la liste du matériel à prendre avec soi et des conseils illustrés d’exercices à effectuer: «On m’avait parlé de la nécessité de travailler certains muscles, avant et après. Je l’ai fait, un peu. Après l’opération, il est possible de mettre le poids du corps sur le genou, ce qui ne m’a pas trop surpris dans la mesure où, lors d’une précédente opération du dos, j’avais déjà pu m’asseoir le jour même.» Aujourd’hui, tout va bien pour ce patient qui n’accuse aucune douleur: «Il faut muscler le genou et mettre parfois de la glace pour réduire les gonflements, mais la cicatrice est fabuleuse et je n’ai pas d’ecchymose. Le plus difficile, c’est de se dire qu’il y a des choses qu’on ne peut pas faire; j’aurais bien aimé aller skier (rires !)»

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