Tendon d’achille

Qu’est-ce qu’une rupture du tendon d’Achille ?

Le tendon d’Achille relie les muscles du mollet au calcanéum qui est l’os du talon. C’est une sorte de corde constituée de nombreux filaments qui prolonge le muscle. Pour se soulever sur la pointe du pied, les muscles du mollet vont se contracter et se raccourcir. Le tendon va donc exercer une traction vers le haut et décoller le talon du sol. Avec le temps ou lors des sollicitations répétées, les filaments du tendon peuvent s’affaiblir et le tendon peut alors se rompre brutalement lors d’un effort. On parle alors de rupture du tendon d’Achille. On distingue les ruptures récentes et fraiches des ruptures anciennes passées inaperçues, négligées ou mal traitées. Dans les ruptures fraîches, on dissocie les ruptures en plein tendon des ruptures en zone myotendineuse c’est-à-dire à la frontière entre le muscle et le tendon. Dans les ruptures anciennes, le muscle se rétracte et une résorption des berges se fait progressivement. Cela crée un espace entre les berges de la rupture avec une perte de substance tendineuse. La rupture du tendon va provoquer une difficulté à la marche, des douleurs et une diminution de la force.

Pourquoi une opération ?

L’évolution spontanée se fait vers un élargissement progressif de la rupture, et donc une gêne de plus en plus importante, une réparation plus difficile et un résultat plus aléatoire.
Le traitement orthopédique, c’est à dire une immobilisation dans un plâtre pendant deux mois et demi est possible. Cependant le risque de nouvelle rupture est important.
Chez les patients actifs ou sportifs, le traitement chirurgical peut être proposé. Il permet de diminuer le temps d’immobilisation, une récupération plus rapide et un taux de récidive moindre.


Qu’est-ce qu’une réparation du Tendon d’Achille ?

L’intervention du Tendon d’Achille dure en moyenne 1 heure. Elle nécessite une hospitalisation d’environ 3 jours. Elle peut être réalisée sous rachi-anesthésie ou bien sous anesthésie générale. C’est votre anesthésiste qui décide avec vous de la meilleure anesthésie en fonction de votre état de santé.
Après l’opération, une attelle puis une botte en résine sont confectionnées. Le traitement de la douleur sera mis en place, surveillé et adapté de manière très rapprochée dans la période post-opératoire.


La rééducation post-opératoire et la reprise des activités

La botte en résine est gardée 6 semaines. La marche s’effectue à l’aide de deux cannes et sans appui pendant toute cette période.
A l’ablation de la botte, l’appui est autorisé avec une talonnette diminuée d’épaisseur progressivement sur 3 semaines. La rééducation commence alors chez votre kinésithérapeute. La marche normale est retrouvée à la fin du 2ème mois.
La reprise du volant est envisageable au 3ème mois ainsi que celle du travail, une activité de bureau pouvant être plus précoce.
La reprise des activités sportives douces comme le vélo et la natation peut se faire après le 3ème mois. La course à pied est envisageable après le 6ème mois. Il faut souvent attendre le 8ème mois pour reprendre les sports collectifs et la compétition.


Quels sont les risques et les complications ?

En plus des risques communs à toute intervention chirurgicale et des risques liés à l’anesthésie, notons quelques risques plus spécifiques à cette chirurgie :

  • La peau peut avoir des difficultés à cicatriser et nécessiter des soins infirmiers pendant plusieurs semaines, voire une reprise chirurgicale.
  • La survenue d’une infection, bien que rare (risque inférieur à 1 % dans notre établissement), est une complication sévère et peut nécessiter une reprise chirurgicale et la mise sous antibiotiques plus ou moins longue.
  • Il est possible que la zone opérée saigne et qu’il se forme un hématome. En fonction de son importance, une évacuation peut être nécessaire.
  • Les nerfs et artères qui entourent la cheville peuvent être accidentellement blessés. Cette complication exceptionnelle peut occasionner une douleur, une perte de la sensibilité voire une paralysie de certaines parties du pied. En cas de lésion artérielle, une chirurgie vasculaire peut être nécessaire.
  • Des petits caillots de sang solidifié peuvent se former et se coincer dans les veines des jambes occasionnant une phlébite et nécessitant un traitement anti-coagulant pendant plusieurs semaines.
  • Une raideur articulaire peut se développer si la rééducation post opératoire n’est pas bien prise en charge.
  • Des réactions inflammatoires exacerbées peuvent entrainer des adhérences et limiter la mobilité de la cheville. Cependant, de nouveaux traitements existent et permettent de gérer plus facilement cette complication rare.

Les risques énumérés ne constituent pas une liste exhaustive. Votre chirurgien vous donnera toute explication complémentaire et se tiendra à votre disposition pour évoquer avec vous chaque cas particulier avec les avantages, les inconvénients et les risques de l’intervention.


Quels sont les résultats attendus de votre opération ?

Dans le cadre d’une rupture fraîche, le taux de cicatrisation tendineuse est de plus de 95%. Le tendon est d’ailleurs parfois plus épais. Le risque de nouvelle rupture est inférieur à 5%.
Dans le cadre d’une rupture ancienne, le taux de cicatrisation est sensiblement le même mais avec un délai plus long. La reprise des activités est alors plus retardée.
Les résultats des réparations chirurgicales du tendon d’Achille sont néanmoins très encourageants puisque la reprise des activités sportives au même niveau est obtenue dans plus de 90% des cas.